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Alsace Lorraine
faut-il abolir le Concordat maintenu en 1918 ?

Avignon, le 11 novembre,
Monsieur le Membre du Parti Radical de Gauche et néanmoins ami,

C’est avec un intérêt soutenu que je viens de lire – à mon retour d’un magnifique séjour Lyonnais autant intellectuel que gastronomique – la Tribune libre de la revue Radical, (voir ci-dessous) signée de René Leucart (Président de la fédération régionale de Lorraine du Parti Radical de Gauche), que vous m’avez fait parvenir.

Enfin ! dans cette grise période électorale, voilà un sujet digne de soulever les foules électorales apathiques : l’abolition du Concordat dans les provinces de l’Est, qui furent prussiennes suite à la défaite de Sedan entre 1870 et 1918 ! Lors de la victoire de 1918 qui entraîna le retour de ces deux provinces dans le sein de la mère Patrie, il n’avait pas paru convenable au Législateur ni au peuple français de supprimer le régime concordataire auquel les Prussiens n’avaient osé touché en cinquante années d’occupation.
Mais les Radicaux ont toujours la nostalgie de 1905 malgré l’effondrement du Catholicisme et l’irrésistible montée de l’Islamisme. Il est bon de voir s’activer ces petits redresseurs de poils de c.. qui, bons travailleurs, ne laissent traîner derrière eux aucun détail : ni l’indice 612 de la fonction publique applicable aux membres du clergé, ni l’exonération de la taxe additionnelle au droit au bail, ni celle de la taxe locale d’équipement dont ils bénéficient... Le Parti Radical a vraiment le vent en poupe, car le vent frais du large le pousse, on le devine, vers des lendemains prometteurs et novateurs. Ha, que la République était belle du temps des Inventaires ! Hardi les gars, le XXIe siècle vous appartient !

Mais, Monsieur le Membre, soulignons la minceur de la documentation de ce Président, à moins qu’il ne s’agisse de partialité délibérée : pourquoi ne met-il pas aussi à l’ordre du jour le statut des Congrégations qui sont en France, les seules organisations hors la loi ? Étant les seules à être encore soumises à un régime d’approbation du Conseil d’État, 111 ans après la loi libérale sur les associations. Pourquoi les Associations Diocésaines de la loi de 1926 qui légalisait les diocèses, mais les soumettait à un statut dérogatoire qui leur interdit de détenir des écoles et des immeubles autres que cultuels, oui, pourquoi sont elles toujours soumises à ce statut d’apartheid exorbitant du droit commun des associations de 1901 ?

Vous le voyez, monsieur le Membre Radical : on ne peut laisser des petits présidents provinciaux rassembler eux-mêmes leur documentation ; ils se perdent volontiers dans le détail et ne voient pas l’ensemble de la question.

Je vous propose un combat digne de votre Parti : mettre les catholiques, enfin, au même niveau que les citoyens Radicaux, en leur appliquant un programme en deux points :
1°) Pour les Associations diocésaines : remplacer l’indigne et discriminatoire statut de 1926 par celui des associations de 1901
2°) Pour les Congrégations : mettre fin à l’antidémocratique régime des autorisations et les soumettre enfin au droit commun de 1901.

Je sais bien, monsieur le Membre viril autant que radical, que le Parti Radical est plus que centenaire, et qu’il est difficile d’obtenir d’un vieillard aussi âgé un intérêt pour les problèmes actuels : il aura toujours tendance à revivre le passé comme nous le montre cette autre vieille centenaire qu’est le Parti Communiste.

Et puis je comprends toute la nostalgie et toute l’amertume que cette centenaire doit éprouver à voir mourir son ancienne ennemie de jeunesse le Catholicisme qui lui donnait ardeur combative et joie de vivre... que le Laïcisme était beau du temps des soutanes et des calottes ! Aujourd’hui vous devez vous sentez bien seuls...

Je vous prie, monsieur le Membre Radical bandé vers l’avenir, de présenter mes meilleurs vœux de vieillesse à votre parti et de lui remettre de ma part, en ce 11 novembre anniversaire de la Victoire, un bouquet de ces tendres myosotis, symboles du souvenir et gardiens attentifs des tombes.

Votre toujours amical ami et fidèle lecteur, le Flâneur Textuel

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